Une enquête menée par The Haitian Times révèle une série alarmante de disparitions d’enfants à Ouanaminthe, ville frontalière avec la République dominicaine. Depuis le début de l’année, au moins dix enfants ainsi qu’un jeune adulte ont disparu sans laisser de trace. Les familles, désespérées, dénoncent l’inaction des autorités et craignent le pire.
Parmi les cas les plus marquants figure celui de Naydjelie Similien, âgée de 10 ans, disparue en janvier dernier. Elle a été retrouvée 13 jours plus tard, traumatisée, mutilée et incapable de raconter ce qui lui est arrivé. Une autre disparition, celle d’Ednayson Timothé, 5 ans, remonte à environ un mois. À ce jour, l’enfant est toujours introuvable. Wizguerla Pierre, une jeune femme de 21 ans, a disparu le 22 mars alors qu’elle se rendait à un cours d’informatique.
Face à cette série de disparitions inexpliquées, les soupçons s’orientent vers des réseaux d’enlèvements liés à des pratiques rituelles, à la traite d’enfants ou au trafic d’organes. L’IBESR (Institut du Bien-Être Social et de Recherches) a émis plusieurs alertes, appelant à renforcer les contrôles aux postes-frontières, notamment avec la République dominicaine, mais ces appels restent pour l’instant sans effet concret.
Jusqu’à présent, aucune enquête en profondeur n’a été lancée, aucune arrestation n’a été annoncée, et les familles des disparus se sentent abandonnées. La colère monte au sein de la population, qui accuse les autorités locales et nationales d’inaction, voire de complicité passive.
Alors que les enfants continuent de disparaître dans l’indifférence générale, Ouanaminthe vit au rythme de la peur et de l’incompréhension. Les familles, elles, réclament justice et vérité, avant qu’un autre enfant ne s’évapore dans le silence.



