Mario Andrésol, secrétaire d’État à la Sécurité publique, semblait incarner l’espoir d’une reprise en main de la sécurité nationale lorsqu’il a été nommé le 14 janvier 2025. Ses premières déclarations étaient sans ambiguïté. Il promettait de libérer les routes nationales occupées par les gangs armés et de restaurer un minimum de sécurité pour une population exsangue. Aujourd’hui, force est de constater que ces promesses restent lettres mortes et que l’irresponsabilité du secrétaire d’État pèse lourdement sur les Haïtiens.
Lors de la 35e édition des Mardis de la Nation, Mario Andrésol a expliqué que les tensions entre la Présidence et la Primature auraient entravé le déploiement des forces de sécurité. Il a imputé l’échec de ses engagements aux querelles institutionnelles, évoquant la mobilisation de la PNH pour gérer la crise provoquée par la révocation du Premier ministre. Mais ces excuses sonnent creuses. Un responsable de sa fonction ne peut se contenter de blâmer des différends politiques pour justifier l’inaction face à l’insécurité. La sécurité publique est un devoir fondamental, non un simple enjeu secondaire dans un théâtre politique.
Le constat est accablant. Sous sa responsabilité, les axes routiers stratégiques demeurent sous le contrôle des gangs armés. Pendant ce temps, des milliers de familles vivent dans des camps de fortune, privées d’accès à leurs quartiers, exposées à la violence et à l’arbitraire. Chaque jour perdu dans ces querelles de palais renforce l’emprise des groupes armés et fragilise davantage l’État.
On ne peut ignorer que Mario Andrésol a hérité d’une situation complexe. Mais son silence prolongé et ses déclarations changeantes, passées de la promesse d’action immédiate à l’invocation des conflits politiques, révèlent un manque criant de leadership et de sens des responsabilités. Être à la tête de la Sécurité publique exige de prendre des décisions fermes même dans un contexte institutionnel difficile. Reporter sans cesse les opérations et repousser la sécurité des citoyens à une date indéterminée est une abdication de mission qui coûtera cher à la nation.
Haïti ne peut plus se contenter de voir se répéter des annonces jamais concrétisées. Les citoyens exigent des résultats tangibles, pas des justifications. L’inaction et le manque de rigueur avec lesquels Mario Andrésol conduit le dossier de la sécurité ternissent sérieusement l’image de l’État. Les Haïtiens méritent une sécurité réelle, et non des promesses étouffées par les conflits au sommet.



