La société civile du Grand Sud haïtien a entamé ce lundi une mobilisation de trois jours pour exprimer son soutien sans réserve au Commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin, visé par des critiques du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
Des centaines de citoyens se sont rassemblés dès l’aube dans les rues de Miragoâne, mais aussi dans d’autres communes du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse, pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une tentative de marginalisation d’un acteur clé dans la lutte contre l’insécurité dans la région.
« Nou pa bezwen gang, nou bezwen sekirite ! Nou bezwen Muscadin ! », scandaient les manifestants, arborant pancartes, drapeaux haïtiens et photos du Commissaire Muscadin.
Le BINUH, dans un récent rapport, a exprimé des inquiétudes sur certaines méthodes dites « extrajudiciaires » utilisées dans le cadre des opérations anti-gang menées par le Commissaire. Des allégations qui ont suscité une vive réaction populaire dans une région qui, selon les manifestants, bénéficie directement de l’action de Muscadin pour restaurer la paix.
Pour les organisateurs, cette mobilisation n’est pas simplement un acte de soutien, mais un signal clair envoyé aux autorités nationales et internationales : « Le Sud refuse d’être un terrain abandonné aux gangs. Muscadin est un rempart, pas un problème. »
Les trois journées de mobilisation, prévues jusqu’au 19 novembre, s’annoncent pacifiques mais déterminées. Elles reflètent une fracture grandissante entre les attentes populaires et les prescriptions internationales en matière de sécurité et d’État de droit.



