La crise politique haïtienne connaît un nouveau rebondissement. La démarche visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé commence à produire ses premières conséquences, avec des sanctions américaines visant directement deux membres du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Dans un communiqué publié ce dimanche, le Département d’État américain annonce l’imposition de restrictions de visa ainsi que la révocation des visas de Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils, tous deux conseillers au sein du CPT. Ces sanctions s’étendent également à leurs proches parents, notamment leurs conjoints et leurs enfants.
Washington évoque l’implication présumée de ces responsables dans des activités liées aux gangs armés et à d’autres organisations criminelles opérant en Haïti. Selon les autorités américaines, Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils auraient entravé les efforts du gouvernement haïtien visant à lutter contre l’insécurité et les gangs armés, récemment désignés comme organisations terroristes étrangères (OTE) par les États-Unis.
Les mesures ont été prises en vertu de l’article 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité (Immigration and Nationality Act – INA), qui autorise l’interdiction d’entrée sur le territoire américain à toute personne jugée susceptible de porter atteinte à la politique étrangère des États-Unis.
Le Département d’État réaffirme, dans son communiqué, l’engagement de l’administration américaine à soutenir la stabilité d’Haïti et à coopérer avec les autorités nationales dans la lutte contre l’insécurité. « Le peuple haïtien n’en peut plus de la violence des gangs, des destructions et des luttes politiques intestines », souligne Washington.
Enfin, les États-Unis avertissent que toute personne contribuant à la déstabilisation d’Haïti et de la région devra répondre de ses actes. Ces sanctions constituent un signal fort adressé aux acteurs de la transition, dans un contexte marqué par de vives tensions politiques et une grave crise sécuritaire.



