Santiago Riverón, maire de la ville frontalière de Dajabón en République dominicaine, est au cœur d’une vive controverse après avoir publiquement humilié plusieurs migrants haïtiens, parmi lesquels figuraient des enfants. La scène s’est déroulée dans un parc public, où ces personnes dormaient à la belle étoile. Filmée et largement relayée par les médias dominicains, l’intervention du maire, jugée déshumanisante, a provoqué une vague d’indignation chez les défenseurs des droits humains.
Dans des propos rapportés par le journal Listín Diario, l’élu a donné un ultimatum de cinq jours aux personnes en situation irrégulière pour quitter le territoire. Il a également annoncé que les autorités migratoires et l’armée dominicaine seraient mobilisées pour faire respecter cette mesure. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la République dominicaine et Haïti, sur fond de crise migratoire et humanitaire persistante.
Interrogé sur le sort des enfants dominicains nés de parents sans papiers, Riverón a indiqué que ces enfants seraient autorisés à rester dans le pays, mais que leurs parents seraient expulsés. Cette mesure soulève de nombreuses préoccupations quant à son impact sur la cohésion familiale et la cohérence des politiques migratoires.
Le maire a également menacé les propriétaires immobiliers qui logeraient des migrants en situation irrégulière, les accusant de complicité. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent une approche brutale et discriminatoire, estimant que ces actions bafouent les droits fondamentaux et la dignité des personnes concernées.
Ce durcissement s’inscrit dans une politique migratoire de plus en plus répressive. Selon un rapport officiel publié le 15 mai 2025, les autorités dominicaines ont déjà expulsé environ 226 117 Haïtiens en situation irrégulière entre septembre 2024 et mai 2025.



