Au moins 16 personnes, dont huit enfants, ont été tuées lors de frappes de drones menées par la Police nationale d’Haïti (PNH) à Simon Pelé, le 20 septembre dernier, dans le fief du chef de gang Stevenson Albert, alias “Djouma”, selon un rapport du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) publié le vendredi 24 octobre 2025.
L’organisation de défense des droits humains affirme que les frappes sont survenues en plein milieu de la fête d’anniversaire du chef de gang, faisant également quatre blessés, dont un enfant. Le RNDDH dénonce une attaque aveugle, soulignant que les forces de l’ordre ne disposaient d’aucun renseignement fiable sur l’emplacement exact des membres du gang. Selon l’organisme, les victimes n’avaient aucun lien avec l’organisation criminelle “Viv Ansanm” dirigée par Djouma.
Une série d’opérations meurtrières par drones
Toujours selon le rapport, entre mars et octobre 2025, environ 200 présumés bandits ont été tués et 150 autres blessés lors d’au moins une vingtaine d’opérations de drones kamikazes menées par la PNH dans plusieurs bastions de gangs à Port-au-Prince.
Malgré ces opérations, le RNDDH note que les chefs de gangs continuent de circuler librement, organisant même des festins dans différents quartiers, sous les yeux des autorités.
L’organisation estime que les drones peuvent constituer un outil efficace dans la lutte contre le banditisme, mais met en garde contre leur mauvaise utilisation. Elle recommande que le pilotage des drones soit confié à une cellule de coordination indépendante, respectant les règles du droit international humanitaire et la déontologie policière et militaire, plutôt qu’à des équipes influencées par des autorités politiques.
Un précédent drame au centre-ville
Le RNDDH rappelle également qu’une autre attaque de drones kamikazes, lancée le 6 septembre 2025 au centre-ville de Port-au-Prince, avait déjà coûté la vie à onze personnes sans lien avec des groupes armés.
Face à l’indifférence du gouvernement après ces deux tragédies celle du 6 septembre au centre-ville et celle du 20 septembre à Simon Pelé, le RNDDH exige des autorités :
La protection sans condition de la population civile lors des interventions armées ;
La mise à disposition des forces de l’ordre de fonds et de renseignements fiables ;
L’accompagnement des familles des victimes de Simon Pelé.
Une demande de redevabilité
Le RNDDH appelle enfin à une enquête indépendante pour déterminer les responsabilités dans ces attaques et rendre justice aux victimes.
Selon l’organisation, ces incidents rappellent la nécessité d’une utilisation encadrée des nouvelles technologies militaires, dans un contexte où les civils paient le prix fort de la lutte contre les gangs.



