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Fanmi Lavalas et l’art de critiquer un système qu’on dirige

À mesure que s’approche la date du 7 février 2026, les voix s’élèvent pour déclarer l’échec de la transition. Après Claude Joseph et Jean Charles Moïse, c’est désormais Fanmi Lavalas, par une note signée le 12 novembre 2025, qui exige le départ pur et simple du Conseil présidentiel de transition (CPT) à la fin de son mandat. Le parti de Jean Bertrand Aristide réclame que des « gens sérieux » prennent les commandes du pays.

Mais comment ne pas s’interroger sur cette indignation sélective ? Comment ignorer que Fanmi Lavalas participe pleinement au pouvoir actuel, qu’il est représenté au CPT par l’architecte Leslie Voltaire et qu’il contrôle le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC) ? Comment dénoncer de l’extérieur un système que l’on contribue soi-même à diriger ?

Il y a dans cette posture un paradoxe révélateur et inquiétant. Les partis qui siègent au cœur de l’appareil de transition, qui disposent de ministères, d’influence et de responsabilités directes, se posent désormais en juges d’un gouvernement dont ils sont partie prenante. Ils s’exonèrent de tout bilan, comme s’ils n’étaient pas comptables du fonctionnement, des lenteurs et des incohérences qu’ils dénoncent aujourd’hui avec tant de vigueur.

Il est trop facile d’accuser le navire de prendre l’eau quand on refuse de reconnaître qu’on est soi-même membre de l’équipage. Trop simple de réclamer des « gens sérieux » à la barre quand on ne propose aucune alternative, comme c’est le cas de Fanmi Lavalas, qui discute certes avec d’autres forces politiques mais n’avance aucune solution concrète pour remplacer le CPT.

Ce comportement n’est pas seulement contradictoire, il affaiblit un peu plus la confiance déjà fragile du public envers les acteurs politiques. Il donne l’impression que chaque formation cherche moins à sauver la transition qu’à préparer sa position dans l’après-transition, quitte à saboter ce dont elle fait partie.

L’heure n’est plus aux manœuvres, aux coups d’éclat médiatiques ni aux dénonciations opportunistes. Les partis qui participent au pouvoir doivent assumer leur part de responsabilité. La transition ne peut réussir si ceux qui la composent jouent contre elle pour mieux se dédouaner ensuite.

Si « gens sérieux » il doit y avoir le 7 février 2026, qu’ils commencent par être sérieux aujourd’hui.

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