Le porte-parole des Nations unies a confirmé la réception d’une lettre signée par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du gang 400 Mawozo, dans laquelle ce dernier sollicite une médiation internationale pour favoriser un dialogue autour de la crise sécuritaire en Haïti. Datée du 1er novembre 2026 et adressée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, la correspondance intervient après le déploiement de militaires salvadoriens dans le pays. Le chef de gang demande notamment l’envoi d’une délégation internationale afin de faciliter des discussions entre les forces internationales et son groupe armé.
Toutefois, le porte-parole de l’organisation internationale a tenu à clarifier la portée de cette démarche, précisant que la réception de la lettre ne signifiait ni l’approbation de son contenu ni la reconnaissance de son auteur. Cette mise au point souligne que la transmission d’une demande ne constitue pas, en elle-même, un engagement des Nations unies à intervenir dans les conditions sollicitées par le chef de gang.
Dans sa correspondance, Wilson Joseph affirme être disposé à participer à des discussions en vue de trouver une issue pacifique à la crise sécuritaire. Il déclare avoir adopté une position favorable à la paix et sollicite une médiation pour ouvrir la voie au dialogue. Cette démarche intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences armées, les déplacements forcés de population et les restrictions à la circulation dans plusieurs zones du département de l’Ouest, notamment dans la Plaine du Cul-de-Sac.
Cependant, cet appel au dialogue suscite des interrogations au regard des accusations visant le chef de 400 Mawozo et des violences attribuées à son organisation. Wilson Joseph est recherché par la justice américaine pour des faits liés à la prise d’otages et au complot. Les autorités américaines offrent une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour toute information susceptible de conduire à son arrestation.
Le gang 400 Mawozo est notamment impliqué dans l’enlèvement, en octobre 2021, de 17 missionnaires chrétiens, dont 16 ressortissants américains et un Canadien. Cet épisode, qui avait également concerné des membres de leurs familles, dont des enfants, avait suscité une vive émotion à l’échelle internationale et mis en lumière la gravité du phénomène des enlèvements en Haïti.
Face à cette nouvelle initiative, la question centrale demeure celle de la crédibilité de l’engagement annoncé. Pour les habitants des zones affectées par les activités des groupes armés, la priorité reste la fin des enlèvements, des attaques contre les civils et des déplacements forcés, ainsi que le rétablissement de la libre circulation des personnes et des biens.
Si la médiation peut constituer un instrument de résolution des conflits, elle ne saurait se substituer aux exigences de justice et de responsabilité. La volonté de paix exprimée par Wilson Joseph devra donc être appréciée à la lumière d’actes concrets, notamment la cessation des violences et le respect de la sécurité des populations.
Dans l’attente d’une éventuelle réponse des Nations unies à sa demande, les habitants de la Plaine du Cul-de-Sac continuent d’espérer un retour durable à la sécurité. Au-delà des déclarations, ils attendent des changements tangibles susceptibles de mettre fin à la peur, de permettre aux familles déplacées de retrouver leurs quartiers et de restaurer une vie quotidienne normale.



