La justice haïtienne affiche un bilan préoccupant sous le règne du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), révèle un récent rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains. Selon l’organisation de défense des droits humains, la majorité des tribunaux de première instance du pays restent dysfonctionnels, et certaines juridictions, y compris celle de la capitale, n’organisent toujours pas d’audiences criminelles.
Le rapport met en lumière l’ampleur de la détention préventive en Haïti. Dans les 18 juridictions du pays, seulement 243 personnes ont été jugées, alors que plus de 6 000 individus restent incarcérés sans jugement. Ainsi, plus de 82 % de la population carcérale attend encore son procès, révélant une situation critique qui compromet gravement le droit fondamental à un procès équitable.
Le RNDDH déplore également le non-respect des promesses du CPT concernant la création de pôles judiciaires spécialisés, notamment pour lutter contre la corruption et les violences sexuelles. Ces initiatives, pourtant annoncées, n’ont pas été concrétisées, accentuant le sentiment d’impunité dans le pays.
Par ailleurs, le ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) a connu des revers administratifs. La construction de trois nouvelles prisons n’a pas respecté les normes de passation des marchés publics, et la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) a rendu plus de six avis défavorables sur des dossiers jugés non viables soumis par le ministère.
Ce rapport souligne les failles structurelles majeures du système judiciaire haïtien et met en évidence l’urgence d’une réforme profonde pour garantir l’accès à la justice et réduire la surpopulation carcérale.



