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Haïti

Quand le pouvoir parle, mais que le pays saigne

Le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles s’est encore une fois prêté à un exercice désormais bien rodé : celui du discours déconnecté. Vendredi 11 juillet 2025, lors de la Journée mondiale de la population à l’hôtel Montana, il a déclaré, avec un aplomb déconcertant, que la situation sécuritaire en Haïti connaissait une « amélioration significative » et que l’insécurité serait « résolue » d’ici la fin août.

Mais pendant que ces mots résonnaient dans les salons feutrés de la capitale, la commune de Kenskoff sombrait dans l’horreur. Depuis le week-end écoulé, les gangs y sèment la terreur : un adolescent de 13 ans abattu, des maisons pillées, incendiées, des femmes violées collectivement, et des familles entières forcées de fuir dans la panique. Le sous-commissariat de Furcy a été attaqué, incendié, puis détruit à coups de masse. Une scène d’une violence glaçante, documentée par des vidéos devenues virales : un bâtiment en ruines, une partie en flammes, une autre s’écroulant sous les coups ; dans la cour, un véhicule de la PNH, immatriculé 1-00647, réduit en cendres.

Pendant que les autorités rassurent au micro, la réalité, elle, se consume à ciel ouvert.

Ce décalage entre les paroles officielles et les faits tangibles n’est pas seulement préoccupant ; il est dangereux. Il trahit une élite dirigeante qui, au lieu de regarder le pays en face, préfère maquiller l’effondrement d’un État en crise. À Port-au-Prince comme à Kenskoff, les Haïtiens ne vivent pas dans les discours, mais dans la peur. Ils n’entendent pas les promesses, mais les rafales.

Dans ce contexte, l’optimisme de Louis Gérald Gilles, déjà éclaboussé par le scandale de la BNC, sonne comme une gifle. Le peuple haïtien n’a pas besoin de mots vides, encore moins d’arrogance. Il réclame de l’honnêteté, de la responsabilité, et surtout, du courage politique. La sécurité ne s’improvise pas devant les caméras ; elle se construit dans l’action, sur le terrain, au prix d’efforts constants et sincères.

La situation actuelle n’autorise plus les faux-semblants. Elle impose la vérité, aussi brutale soit-elle. Le pays saigne, et les Haïtiens saignent avec lui. Il est temps d’arrêter de parler au nom du peuple, et de commencer à agir pour lui. Car il ne s’agit plus d’éviter une crise : nous y sommes en plein. Il s’agit désormais de sauver ce qui peut encore l’être.

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