Haïti fait face à une crise économique sans précédent. Cette crise est caractérisée par le chômage, la faim et une inflation incontrôlable. Elle s’intensifie au quotidien par la violence des gangs armés qui contrôlent l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Une situation qui plonge les citoyens dans une dépendance totale des transferts en provenance de l’étranger, notamment des États-Unis d’Amérique.
Ces transferts de fonds, qui représentent une source de revenus cruciale pour les bénéficiaires, créent des mécontentements en raison de la conversion du dollar américain en gourdes au taux de référence de la Banque de la République d’Haïti, un taux défavorable aux yeux des citoyens.
Devant les maisons de transferts, les bénéficiaires sont toujours nombreux et font la queue pour la réception de quelques dollars venant de leurs proches qui cherchent une vie meilleure à l’extérieur du pays. Ces fonds sont destinés à financer l’éducation, la nourriture et couvrir les frais médicaux. Mais le fait de convertir le dollar en devise nationale dérange les bénéficiaires à cause de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain.
En Haïti, les biens et services coûtent chers. La hausse généralisée des prix dans l’économie haïtienne ronge le pouvoir d’achat des citoyens.
Quelqu’un qui reçoit son transfert en gourdes au taux de référence de la BRH se trouve dans l’obligation d’acheter des dollars additionnels pour payer son service. Ça aurait été le contraire s’il avait reçu son transfert en dollars. Le taux de référence devient défavorable en raison du désordre qui règne dans le système financier du pays.
Devant cette situation controversée qui ressemble à un crime financier selon la lecture de certains analystes, les maisons de transferts ne peuvent agir autrement puisqu’il s’agit d’une décision émanant de l’État Haïtien par l’entremise de la banque centrale de la République d’Haïti. Via une circulaire, la BRH a ordonné aux banques et aux maisons de transferts de payer les transferts internationaux en gourdes dans tous leurs points de service.
Actuellement, cette décision suscite un grand débat dans la société. Les bénéficiaires réclament leurs argents en dollars. Pour échapper à cette mesure, certaines personnes ont souvent demandé aux fournisseurs de leur envoyer les transferts via un compte libellé en dollars, mais avec la crise financière qui ronge l’économie et la rareté du dollar, les banques ne sont pas en mesure de leur donner le montant total lors d’une seule transaction. Les clients sont obligés d’effectuer plusieurs virements à la banque pour recevoir une somme satisfaisante. Des deux côtés, le mal semble être infini.
Si le fait de recevoir les transferts internationaux en gourdes n’apporte rien dans la lutte visant à stopper la dépréciation de la gourde, sinon la colère des bénéficiaires. L’État haïtien et les autorités monétaires doivent prendre des mesures pour résoudre ce problème. Pourquoi continuer à recevoir les en gourdes à un taux défavorable pour ensuite acheter des dollars supplémentaires afin de couvrir le manque à gagner dû à la conversion ?
La BRH et le ministère de l’Économie et des finances sont tenus de trouver la bonne formule pour relancer l’économie du pays et de mettre en place une politique monétaire efficace pour stopper la dépréciation de la gourde. L’État doit aussi prendre des mesures drastiques pour mater la violence des gangs, pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays, et créer un climat favorable à l’investissement étranger et local.