Le Tribunal de Première Instance (TPI) de Port-au-Prince a officiellement repris ses activités après une relocalisation dans un nouveau local à Fragneau-Ville, suite à l’aggravation de la violence armée qui sévit dans la capitale haïtienne. Cette relocalisation, qui s’inscrit dans le cadre de la continuité des services judiciaires malgré les défis sécuritaires, a été marquée par une cérémonie en présence de plusieurs personnalités du monde judiciaire et de représentants d’organismes internationaux.
L’événement a eu lieu en présence du président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, qui a présidé la cérémonie. Il a souligné l’importance de cette relocalisation en tant que réponse stratégique à la crise sécuritaire qui a contraint l’État haïtien à déplacer certaines de ses institutions pour garantir l’accès à la justice. Dans son discours, M. Jean a mis en exergue le rôle fondamental du TPI dans la protection judiciaire, soulignant que cette relocalisation marque un tournant dans la manière dont les institutions judiciaires font face aux défis de la violence.
Les autorités haïtiennes ont exprimé leur gratitude envers les partenaires internationaux, notamment le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), qui a contribué à l’ameublement et à l’équipement des nouveaux locaux. Cette assistance a permis de créer un environnement propice à la poursuite des activités judiciaires, malgré les conditions difficiles auxquelles fait face le pays.
Dans son allocution, le président du CPT a rendu hommage à la résilience des acteurs du système judiciaire, notamment les avocats, les juges et les greffiers, qui, malgré les risques et l’insécurité, continuent de faire vivre la justice sur le terrain. M. Jean a salué leur engagement et leur détermination à garantir la sécurité juridique des citoyens haïtiens, même en temps de crise.
La relocalisation du TPI de Port-au-Prince s’inscrit dans une dynamique plus large de décentralisation des institutions de l’État, afin de répondre aux défis posés par la violence armée qui touche particulièrement la capitale. Il est prévu que d’autres institutions publiques suivent cet exemple afin d’assurer la continuité des services de l’État à travers le pays, dans un contexte de plus en plus difficile.
La reprise des activités judiciaires au TPI de Port-au-Prince et sa relocalisation à Fragneau-Ville marquent une étape importante dans la gestion de la crise sécuritaire actuelle. Elle témoigne de la volonté des autorités haïtiennes de maintenir l’ordre juridique et de protéger les droits des citoyens, même face aux menaces persistantes. Cette initiative, soutenue par les partenaires internationaux, démontre également la solidarité internationale envers Haïti dans sa quête pour la stabilité et la paix.