Le Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS) a organisé le 29 mars, une conférence-débat sur le droit à la santé en Haïti, à l’occasion du 38e anniversaire de la Constitution de mars 1987. Intitulé « Droit à la santé en Haïti, entre garantie constitutionnelle et réalités pratiques », cet événement a réuni des experts du domaine juridique et médical, des journalistes, ainsi que des acteurs sociaux pour discuter des défis et des réalités qui entourent l’accès aux soins de santé dans le pays.
Le panel de la conférence était composé de Me Patrick Laurent, avocat au Barreau de Port-au-Prince, Dr Claire Raphaëlla Lopez, médecin, et Sabry Iccenat, communicateur et journaliste. Chacun a apporté un éclairage particulier sur la question du droit à la santé, en analysant à la fois les garanties constitutionnelles et les obstacles rencontrés dans la mise en œuvre de ces droits au quotidien.
Le Droit à la Santé : une vision holistique
Me Patrick Laurent, lors de son intervention, a souligné que le droit à la santé, tel que garanti par la Constitution haïtienne de 1987, ne se limite pas uniquement à l’accès aux soins médicaux. Selon lui, ce droit englobe plusieurs dimensions essentielles qui sont indissociables du bien-être général de la population. Parmi ces éléments, il a évoqué la nécessité d’un environnement sain, un climat sécuritaire stable, ainsi qu’une alimentation équilibrée et l’accès à l’eau potable.
Cette vision plus globale du droit à la santé, selon Me Laurent, implique que le gouvernement haïtien doit prendre des mesures dans plusieurs secteurs pour garantir la santé publique. Il a insisté sur le fait que la prévention, à travers des politiques publiques efficaces, est aussi importante que les soins curatifs. Il a également mis en lumière les insuffisances actuelles en matière de sécurité alimentaire et d’accès à une eau potable de qualité, qui sont des enjeux majeurs affectant directement la santé des Haïtiens.
Des réalités pratiques difficiles à surmonter
Dr Claire Raphaëlla Lopez, quant à elle, a abordé les défis pratiques liés à la mise en œuvre du droit à la santé dans le pays. Elle a constaté que, bien que la Constitution garantisse ce droit, les conditions sur le terrain demeurent particulièrement difficiles pour la majorité des Haïtiens. L’absence d’infrastructures sanitaires adéquates, le manque de ressources humaines et matérielles, ainsi que la mauvaise gestion du système de santé sont autant d’obstacles qui rendent difficile l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
Elle a également évoqué l’importance de la formation et de la rétention du personnel médical, soulignant que de nombreux professionnels de la santé fuient le pays en quête de meilleures conditions de travail, ce qui aggrave la pénurie de médecins et d’infirmiers dans les zones rurales et éloignées.
L’Importance de l’information et de la sensibilisation
Sabry Iccenat, journaliste et communicateur, a quant à lui mis l’accent sur le rôle crucial des médias dans la promotion du droit à la santé en Haïti. Il a souligné que l’information et la sensibilisation sont des outils puissants pour encourager les Haïtiens à revendiquer leur droit à la santé et à mieux comprendre les services auxquels ils ont droit. Selon lui, il est essentiel d’accroître la visibilité des enjeux sanitaires et de renforcer la communication autour des politiques publiques de santé pour améliorer l’accès aux soins.
Un appel à l’action
À l’issue des échanges, les participants ont convenu qu’il est impératif de mettre en place des solutions concrètes pour améliorer l’accès aux soins de santé en Haïti. La collaboration entre les secteurs public, privé et la société civile est essentielle pour renforcer les infrastructures de santé, améliorer les conditions de vie et garantir à chaque Haïtien un accès équitable aux soins.
Le Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé a conclu cette conférence-débat en appelant les autorités à prendre des mesures urgentes pour respecter et garantir le droit à la santé pour tous, tout en incitant les citoyens à s’investir dans la défense de leurs droits fondamentaux.
Cet événement a non seulement permis de faire un état des lieux du droit à la santé en Haïti, mais aussi d’ouvrir un espace de réflexion et d’action pour améliorer la situation dans un avenir proche.