L’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture, a lancé un appel urgent pour des mesures de sécurité visant à protéger les journalistes et les installations des médias en Haïti. L’organisation dénonce une stratégie d’intimidation menée par des groupes armés, qui cherche à réduire au silence la presse et à priver la population d’informations fiables dans un contexte de crise profonde. Ces dernières semaines, plusieurs maisons de presse ont été ciblées par des gangs, exacerbant une situation déjà très précaire.
Eric Voli Bi, chef du bureau de l’UNESCO en Haïti, a exprimé son inquiétude, qualifiant la situation de « très alarmante ». Dans une interview accordée à Onu Info, il a souligné que les attaques contre les civils, les étudiants et les journalistes se multiplient, les gangs cherchant à intimider les médias et à étouffer leur rôle essentiel d’information. « Les attaques contre les médias visent à les réduire au silence, ce qui empêche les citoyens d’accéder à des informations cruciales », a-t-il déclaré.
L’UNESCO insiste sur la nécessité d’assurer un environnement sûr pour la presse, soulignant que l’accès à des informations fiables peut être vital pour la sécurité de la population. Ces informations permettent aux citoyens de localiser les zones sûres, d’éviter les dangers et de prendre des décisions cruciales pour leur protection. L’organisation internationale condamne ainsi les efforts des groupes armés pour isoler la population en attaquant les médias, affirmant que la presse joue un rôle indispensable dans la résilience du pays, la démocratie et la stabilité sociale.
« La liberté de la presse est essentielle pour garantir le droit à l’information et assurer la transparence dans la société », a ajouté Eric Voli Bi. « Dans un pays marqué par la violence et l’instabilité, connaître la vérité est un élément crucial pour la survie et la stabilité du pays ». L’UNESCO rappelle que la presse est également un vecteur de voix diverses, contribuant à la transparence dans un environnement de plus en plus trouble.
Dans ce contexte de violence, l’UNESCO collabore avec le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) pour soutenir la Radio-Télévision Nationale d’Haïti (RTNH), en lui fournissant des formations et de nouveaux équipements. L’organisation mise également sur les médias sociaux pour diffuser des informations vérifiées, tout en soulignant l’importance de la radio comme moyen de communication privilégié, notamment dans les zones rurales.
Il convient de rappeler que, entre le 12 et le 15 mars 2025, des groupes armés de la coalition criminelle « Viv Ansanm » ont pillé et incendié plusieurs locaux de médias à Port-au-Prince, dont ceux de Radio-Télévision Caraïbes (RTVC), Radio Mélodie et Télé Pluriel. Ces actes de violence font partie d’une série d’attaques menées par des gangs dans divers quartiers de la capitale, notamment Carrefour-Feuilles, l’avenue Christophe, les rues Chavannes, Capois, Delmas 19, Delmas 30 et Christ-Roi.
De nombreuses associations de journalistes, ainsi que l’Office de Protection du Citoyen (OPC) et le gouvernement de transition haïtien, ont fermement condamné ces attaques, qui portent atteinte à la liberté d’expression et à la démocratie dans le pays. L’UNESCO continue de plaider pour une action urgente afin de garantir la sécurité des journalistes et assurer la survie de la presse en Haïti.