Haïti : le cri alarmant des enseignants abandonnés

1299 views

Depuis le lundi 13 janvier 2025, les enseignants des écoles publiques ont entamé une grève illimitée, un mouvement qui traduit leur ras-le-bol face à des conditions de travail de plus en plus difficiles et à un manque flagrant de reconnaissance de leur profession. Cette mobilisation, soutenue par les syndicats, est un cri du cœur contre un système éducatif qu’ils jugent dévalorisant et oppressant. Les enseignants dénoncent des horaires de plus en plus lourds, une rémunération insuffisante, ainsi qu’un manque de moyens pour assurer un enseignement de qualité.

À l’annonce de la grève via conférence de presse, les enseignants ont clairement exprimé leurs revendications :

  1. Des conditions de travail décentes : Ils exigent des équipements et infrastructures scolaires à la hauteur des besoins des élèves et enseignants.
  2. Un salaire juste : Alors que leur travail constitue le pilier de l’avenir du pays, leurs salaires sont souvent insignifiants, versés en retard, voire inexistants.
  3. Intégration de nouveaux enseignants : Le système éducatif souffre d’un déficit de personnel, ce qui alourdit la charge de travail des enseignants en poste.
  4. Assurance santé : Ils réclament une couverture médicale digne pour eux et leurs familles.
  5. Cartes de débit : Un traitement égalitaire avec les autres fonctionnaires de l’État, qui bénéficient de ce privilège.

En Haïti, l’éducation publique représente un défi immense. Alors que la majorité des écoles sont privées, les écoles publiques, censées être accessibles à tous, fonctionnent en dents de scie. Les enseignants sont soumis à une pression constante : à défaut de financement, ils ne peuvent ni former correctement leurs élèves ni subvenir à leurs propres besoins.
Les universités publiques ne font pas exception. Les enseignants, tout comme leurs homologues du primaire et du secondaire, sont confrontés à des retards de paiement, des conditions de travail précaires et un manque chronique de ressources.

Une question récurrente soulève l’indignation des enseignants et de nombreux citoyens : pourquoi les hauts fonctionnaires de l’État, souvent accusés d’inefficacité, jouissent-ils de privilèges exorbitants tandis que ceux qui forgent l’avenir de la nation sont traités en parents pauvres ? Cette inégalité alimente un sentiment d’injustice profond pour cette noble profession jadis respectée.

La grève des enseignants est un cri d’alarme pour des réformes urgentes et durables. Il est essentiel que les autorités écoutent ces revendications et agissent pour redonner dignité à un métier vital pour la société. Sans une réponse rapide et efficace, c’est tout le système éducatif haïtien qui risque de sombrer davantage.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.