Les autorités algériennes ont fermé toutes les églises protestantes évangéliques du pays, invoquant des motifs légaux liés au non-respect des règles régissant l’exercice des cultes. Selon l’ordonnance du 28 février 2006, les lieux de culte autres que musulmans doivent obtenir l’autorisation d’une « Commission nationale des cultes » pour pouvoir exercer légalement. Cette mesure a été mise en œuvre de manière stricte, affectant directement les communautés chrétiennes évangéliques présentes en Algérie, qui se voient dans l’incapacité de pratiquer leur foi publiquement.
L’ordonnance de 2006 stipule que toute activité cultuelle nécessite une autorisation préalable. Elle a été vivement critiquée par des observateurs des droits humains, qui estiment qu’elle limite les libertés religieuses, en particulier pour les minorités chrétiennes. En conséquence, plusieurs églises protestantes ont été fermées ces dernières années, et beaucoup d’autres se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’incertitude juridique.
Les autorités algériennes justifient ces fermetures par la nécessité de faire respecter l’ordre public et de contrôler l’influence des cultes étrangers. Cependant, les organisations chrétiennes et des défenseurs des droits humains dénoncent une persécution systématique visant à limiter l’expression religieuse en dehors de l’islam, ce qui entraîne une pression croissante sur les croyants et les pasteurs protestants.
Il faut noter que le pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’Église protestante d’Algérie (EPA), a été condamné le 2 mai 2024 à un an de prison ferme pour avoir célébré un culte “non autorisé”, selon Guillaume Guennec, l’un des responsables de l’association protestante Portes ouvertes.