Les signataires du consensus du 21 décembre ont exprimé de vives préoccupations concernant la transition politique en Haïti, qu’ils jugent « mal engagée ». Selon eux, l’accord signé le 3 avril 2024, qui avait pour objectif de stabiliser le pays, n’a pas produit les résultats escomptés, exacerbant ainsi la crise socio-politique et sécuritaire du pays. Dans un contexte où l’insécurité ne cesse de se détériorer, les signataires soulignent que la situation actuelle devient de plus en plus intenable pour la population haïtienne.
Face à ce constat, les signataires appellent à un retour immédiat à la table des négociations entre les élites politiques et les acteurs clés de la société haïtienne. Ils estiment que seule une volonté sincère de dialogue peut permettre d’éviter un chaos total et de remettre le pays sur les rails.
Dans un document commun, ils ont présenté 13 propositions clés qu’ils considèrent comme urgentes et essentielles pour la réconciliation nationale et la relance du pays. Parmi les principales propositions, on note la formation d’un Conseil national de sécurité, destiné à coordonner les efforts de lutte contre l’insécurité croissante. Ce conseil devrait être un organe indépendant, garant de la protection des citoyens et du respect de l’État de droit.
Les signataires demandent également l’adoption d’un budget rectificatif afin de renforcer les mesures de sécurité, de soutenir les forces de l’ordre et de restaurer l’autorité de l’État face aux groupes armés. Ils estiment que des ressources financières adéquates doivent être allouées à la lutte contre l’insécurité, un problème central qui paralyse le pays depuis plusieurs années.
Un autre point crucial de l’accord concerne la création d’un organe de contrôle des actions gouvernementales, visant à assurer la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques. Cela inclurait un suivi rigoureux des projets publics et des décisions prises par le gouvernement afin de prévenir la corruption et les dérives politiques.
Les signataires plaident aussi pour l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels en recommandant que 30% des nominations dans les directions générales soient réservées aux femmes. Cette mesure vise à garantir une représentation plus équitable et renforcer la participation des femmes dans les sphères de pouvoir, dans un pays où leur influence reste limitée malgré des progrès notables.
Finalement, les signataires soulignent que la stabilité de Haïti passe par un engagement réel des élites politiques à dialoguer et à œuvrer ensemble pour le bien du pays. Pour eux, seule cette coopération inter-élites permettra d’éviter un effondrement total et d’ouvrir la voie à une véritable transition démocratique, capable de répondre aux défis auxquels Haïti fait face aujourd’hui.